Romane Iskaria

Photographer
Romane Iskaria (née en 1997 en France, d'origine assyrienne et italienne) vit et travaille à Bruxelles. Artiste photographe diplômée d'ENSAV La Cambre et de l'École des Beaux-Arts de Marseille, sa pratique traverse la photographie, la vidéo, la sculpture et l'installation immersive. À l'intersection du documentaire, de l'anthropologie et de la fiction, elle développe des projets au long cours en Europe, au Brésil et au Moyen-Orient, en collaboration avec les communautés qu'elle rencontre. Elle explore les relations entre mémoire, territoire, spiritualité et transmission, avec un intérêt particulier pour les récits de résistance et de survie, les traditions orales et les territoires façonnés par l'exil, la dépossession et les héritages coloniaux. La photographie y devient moins un outil de documentation qu'un espace de rencontre, réunissant archives, récits, paysages et dimensions invisibles.

Romane Iskaria (née en 1997 en France, d'origine assyrienne et italienne) vit et travaille à Bruxelles.

Artiste photographe diplômée d'ENSAV La Cambre et de l'École des Beaux-Arts de Marseille, sa pratique traverse la photographie, la vidéo, la sculpture et l'installation immersive. À l'intersection du documentaire, de l'anthropologie et de la fiction, elle développe des projets au long cours en Europe, au Brésil et au Moyen-Orient, en collaboration avec les communautés qu'elle rencontre. Elle explore les relations entre mémoire, territoire, spiritualité et transmission, avec un intérêt particulier pour les récits de résistance et de survie, les traditions orales et les territoires façonnés par l'exil, la dépossession et les héritages coloniaux. La photographie y devient moins un outil de documentation qu'un espace de rencontre, réunissant archives, récits, paysages et dimensions invisibles.

Son travail a été exposé au FOMU - Fotomuseum Antwerp, au S.M.A.K. à Gand, à la House of European History à Bruxelles, au festival Circulation(s) à Paris, à l'Instituto Energisa à João Pessoa (Brésil), ainsi qu'aux États-Unis. En 2024, elle a reçu le TIFF Emerging Belgian Photography Award, décerné par FOMU et FUTURES Photography. Elle a également été finaliste de l'OpenFolio à l'Institut pour la Photographie de Lille et a reçu une mention spéciale au Prix Médiatine 2023. En 2023, elle a auto-publié son premier livre, Assyrians, en édition limitée à 300 exemplaires. Une nouvelle édition est en cours de développement pour 2027-2028. Romane Iskaria est actuellement artiste en résidence à KULT-XL Atelier jusqu'à fin 2027.

Pour Sous Influence. Depuis l'enfance, Romane Iskaria traverse des territoires qui ont façonné son regard autant qu'ils ont laissé en elle leurs empreintes. Déplacements, héritages, rencontres et paysages ont construit un parcours fait de fragments et de strates identitaires. À travers la photographie, elle cherche à donner une forme à ce qui échappe au regard : aux présences, aux traces et aux récits invisibles qui habitent les territoires.

Depuis 2024, elle mène une recherche au long cours dans la région de la Paraíba, au Nordeste du Brésil, autour du territoire de la Jurema, dont elle entreprend une topographie par l'image. La Jurema Sagrada, ensemble de pratiques et de cosmologies issues de traditions indigènes et afro-brésiliennes, est reconnue comme patrimoine culturel immatériel de l'État de Paraíba depuis 2025. Dans ces territoires, les paysages ne sont pas seulement géographiques : ils sont habités par des mémoires, des récits et des présences, notamment celles des Encantados, esprits liés à la nature et aux ancêtres. À travers les lieux qu'elle traverse et photographie, Iskaria tente de rendre visible ce qui ne peut être directement vu, sans prétendre pour autant définir ou fixer l'invisible.

Cette recherche se déploie à travers une installation vidéo, une série de 24 pièces uniques sur plâtre et un ensemble de photographies réunissant paysages et autoportraits. Matériau fragile et poreux, le plâtre devient le support d'images pensées comme des fragments d'un territoire spirituel et de sa mémoire. Les photographies interrogent ainsi la possibilité de représenter un territoire qui ne se limite ni à une géographie ni à des frontières visibles, mais qui participe aussi à la manière dont celles et ceux qui l'habitent se construisent et se définissent.

À travers ces territoires traversés, c'est aussi le corps de l'artiste qui se transforme. Il devient lui-même un espace marqué par les lieux, les rencontres et les histoires qui le traversent. Pour la première fois, Iskaria dévoile une série d'autoportraits, réalisée dans un moment charnière de remise en question de sa propre identité. Le paysage extérieur se prolonge alors dans le corps, et les frontières entre le territoire observé et celui qui l'observe deviennent poreuses.

L'installation fait ainsi dialoguer paysage, corps, matière et mémoire. Elle interroge ce qui, dans notre identité, relève de notre propre construction et ce qui nous est transmis, imprimé ou imposé par les territoires, les histoires et les croyances qui nous entourent.

Romane Iskaria