Yoel Pytowski
Yoel Pytowski a appris l'architecture comme une matière en transformation permanente. Enfant puis adolescent, il a vécu de pays en pays, souvent dans des maisons en chantier : bâches à la place des portes, structures apparentes, cloisons en carton, poussière omniprésente, pièces changeant de fonction du jour au lendemain.
Cette instabilité est devenue un modèle d'identité. Ses installations traitent l'architecture comme une allégorie du soi : un bâtiment, comme une personne, s'écrit en couches et en seuils, à travers réparations et cicatrices. Les sols deviennent des âges, les pièces des réservoirs de mémoire, les couloirs des passages entre langues, lieux et récits.
Après chaque exposition, il démonte, indexe et archive ses œuvres, laissant les éléments « se reposer » avant leur migration vers un autre contexte. Le réemploi n'est pas seulement écologique ou économique : il constitue l'identité même de l'œuvre, comme un corps de matériaux qui voyage, se reconfigure selon chaque site et conserve les traces des espaces traversés.
Bois, plaques de plâtre, béton, films transparents, néons, matériaux ordinaires issus d'installations antérieures servent à construire des parcours et des détours, des façades provisoires qui semblent solides tout en restant légères, réversibles et volontairement légèrement « décalées » de l'échelle attendue.
Habituellement destinés à disparaître derrière les finitions, ces matériaux restent visibles et déplacent l'attention vers ce qui soutient la structure.
L'arrière-plan devient alors premier plan, et la construction se présente comme une forme de dissensus.
The Stamp of the Definitive is Avoided (2021)
Solo show at Experimental Intermedia, Ghent, Belgium
Installation, wood, plasterboard, neon, concrete, unmixed cement and transparent tarpaulin.
Variable dimensions